Côte d’Ivoire: la Banque mondiale veut un cacao qui profite à tous

Dans son rapport 2019 sur la situation économique en Côte d’Ivoire, l’institution financière mondiale propose des pistes pour moderniser la filière cacao, afin de développer une véritable inclusion.

Côte d’Ivoire: la Banque mondiale veut un cacao qui profite à tous
La Banque mondiale demande à l’Etat de développer l’industrie locale, de transformation du cacao, pour répondre à la demande locale, développer un label d’origine plus attractif pour les consommateurs et tirer parti de la croissance de la demande asiatique de produits intermédiaires. Crédit photo: gouv.ci

Dans son neuvième rapport sur la situation économique de la Côte d’Ivoire, la Banque mondiale martèle que « l’agriculture n’a contribué qu’à 1,2 points de croissance du PIB (ou 14 %) dans l’embellie économique que le pays vit depuis 2012 ». Les explications sont multiples, mais elles trouvent leur origine, selon la Banque, dans la faiblesse des rendements de la plupart des produits vivriers et de rente ainsi que dans le manque de diversification vers des activités à plus haute valeur ajoutée. L’institution financière mondiale ajoute que « la Côte d’Ivoire est de moins en moins agricole, plus de la moitié de sa population continue de vivre d’une activité primaire ».

La Banque déclare que « pour y remédier, le gouvernement a d’ailleurs donné la priorité à la modernisation du secteur agricole dans sa nouvelle stratégie de développement national, en particulier au secteur du cacao qui mobilise plus de 5 millions de personne et constitue de loin la source de devises la plus importante du pays », précise l’institution.

La filière cacao en Côte d’Ivoire est confrontée à de nombreux défis sociaux

L’institution financière mondiale martèle que la Côte d’Ivoire assure 40 % de l’approvisionnement mondial en cacao mais ne reçoit que 5-7 % des gains générés par cette filière au niveau mondial, qui proviennent essentiellement de la transformation et de la distribution. Et que « bien que ce secteur emploie près d’un million de producteurs et fournit un revenu à 1/5 de la population ivoirienne, il n’a guère contribué à l’enrichissement du pays ». Elle estime que 54,9 % des producteurs de cacao ivoiriens et leurs familles, vivent aujourd’hui en dessous du seuil de pauvreté. Et que par ailleurs, ces deux dernières décennies ont été marquées par une prise de conscience écologique et sociale des consommateurs qui sont devenus plus exigeants, après que de nombreuses enquêtes aient montré le rôle néfaste de la production de cacao sur la déforestation et la présence d’enfants travaillant souvent dans des conditions de travail extrêmement pénibles dans les plantations de cacao.

Pour transformer sa filière cacao, la Banque mondiale recommande à la Côte d’ivoire tout d’abord de « lancer une révolution technologique pour accroître les rendements afin de favoriser le reboisement et améliorer le revenu des producteurs », soutient la Banque. Elle suggère ensuite de mettre en place des systèmes de traçabilité pour garantir un cacao responsable auprès des consommateurs. La Banque mondiale demande à l’Etat de développer l’industrie locale de transformation du cacao pour répondre à la demande locale, développer un label d’origine plus attractif pour les consommateurs et tirer parti de la croissance de la demande asiatique de produits intermédiaires.

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