CEMAC: la nouvelle réglementation de change limite la performance d’Ecobank

Ecobank vient d’annoncer avoir généré des revenus de frais et commissions de 204 millions USD pour les 9 premiers mois de l’année 2019. La holding affirme, cependant, que ce résultat aurait pu être meilleur avec une bonne performance en zone CEMAC où le groupe est présent dans cinq des six pays membres.

CEMAC: la nouvelle réglementation de change limite la performance d’Ecobank

Ecobank Transnational Incorporated (ETI) déclare avoir généré des revenus de frais et commissions de 204 millions USD pour les 09 premiers mois de l’année 2019, sur ses marchés de la zone CESA (Afrique centrale, de l’Est et australe). Soit une hausse de 13% par rapport à la même période en 2018. Une performance qui aurait pu être bien meilleur, selon le groupe bancaire, n’eut été certaines conséquences de la nouvelle réglementation de change en vigueur sur le marché de la Communauté économique et monétaire d’Afrique centrale(CEMAC).  

« Ce nouveau règlement oblige toutes les banques à transférer à la Beac (Banque centrale commune aux pays de la Cemac), les produits en devises qu’elles perçoivent des activités d’exportation de leurs clients. Il faut maintenant que les banques sollicitent auprès de la Banque centrale, des devises pour répondre aux besoins de leurs clients, ce qui a réduit le niveau d’activité », fait savoir le top management, dans une note aux investisseurs.

Les transferts s’effectuent toujours au-delà de 48h   

De nombreuses sources dans le secteur affirment que  « les opérations entre les banques commerciales et la Banque centrale continuent de se dérouler au-delà de 48 heures même lorsque toutes les parties prenantes ont correctement joué leur rôle respectif » et  que « ce délai peut être allongé si un maillon de la chaîne faiblit ».

L’information donnée par Ecobank renvoie aux difficultés liées à la nouvelle règlementation en matière de change en zone Cemac, adoptée en 2018 par les chefs d’État. Pourtant, le gouverneur de la BEAC, Abbas Mahamat Toli se félicitait, il y a quelques mois,  d’un accroissement rapide des réserves de change de l’union monétaire, particulièrement depuis l’entrée en vigueur de la nouvelle réglementation qui se veut, selon lui, moins rigide mais surtout extrêmement contraignante. A titre d’exemple, le gouverneur de la Banque centrale  précise qu’une « banque commerciale qui transfère un dossier de virement à la Banque centrale – alors qu’elle détient la somme équivalente en devises étrangère dans un compte à l’étranger – verra son dossier rejeté. La Banque centrale lui demandera de procéder au transfert en utilisant ses propres réserves ». Au cas contraire, le transfert sera effectué et en cas de non rétrocession de la somme, la banque commerciale sera immédiatement sanctionnée par la Banque centrale.

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