Cameroun:218 milliards de FCFA à saisir par les producteurs nationaux de riz

Avec l’interdiction des importations de riz, les producteurs nationaux pourraient fournir au marché camerounais la totalité de la demande et contrôler les ressources financières perdues, chaque année, par l’Etat dans l’achat de cette denrée en Asie.

Cameroun:218 milliards de FCFA à saisir par les producteurs nationaux de riz
L'un des défis majeurs reste l’extension des surfaces exploitables. Photo: ACP

Avec une extension des surfaces cultivées, notamment par la vulgarisation de la culture du riz pluvial et la distribution d’engrais chimiques, les producteurs camerounais pourraient très vite satisfaire la demande nationale. Selon l’Institut national de la statistique(INS), le Cameroun a importé 728 443 tonnes de riz en 2017 pour une valeur de 183,7 milliards de FCFA. La même année, la production nationale de riz paddy tournait autour de 311 674 tonnes après une hausse de 12% en 2016. La tonne se négociant autour de 500 USD, les producteurs camerounais pourraient ainsi obtenir 364, 22 millions USD soit 218, 53 milliards de FCFA, sans compter des spéculations liées au transport et la douane normalement payés à l’importation.

Pour réaliser ce pari de la demande nationale, il suffirait alors d’étendre les surfaces exploitées et de développer les systèmes de distribution. Un défi que compte bien réaliser la société d’expansion et de modernisation de la riziculture de Yagoua(SEMRY). Grace à une subvention publique de 3 milliards de FCFA, elle a pu moderniser son outil de production et les conditions de travail de son personnel, portant au passage sa production à 80 000 tonnes. Une production surtout distribuée dans les régions du Nord du pays. La SEMRY entant, à elle seule, fournir 150 000 tonnes au marché camerounais dans les prochaines années.

L’exemple du Nigéria

Après avoir imposé des contrôles stricts sur les importations de riz lors de son premier mandat, le chef de l’Etat Muhammadu Buhari a demandé à la banque centrale du Nigéria de bloquer la fourniture des devises étrangères pour les importations de lait. En précisant que « la réserve de devises sera utilisée strictement à la diversification de l’économie, et non pas pour encourager l’importation de nourriture étrangères », avait expliqué le président selon le porte-parole. De nombreux Etats du pays se sont depuis lancés dans la production de riz. Une mesure que félicite le gouvernement.

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